Patrick B.

Un nouveau départ, une nouvelle vie !

Il a appris à vivre avec cette maladie

Bonjour,

Je m’appelle Patrick et je suis un alcoolique en rétablissement. Je suis le plus vieux d’une famille de deux enfants, élevés par une mère surprotectrice, contrôlante et autoritaire qui a choisi de demeurer au foyer pour élever ses enfants. Mon père était peu présent, combinant près de trois emplois pour subvenir aux besoins de la famille. Je ne peux pas dire que ma maladie d’alcoolisme vient d’eux, mais je sais que cela a affecté ma vie d’une certaine façon, bien que nous n’ayons manqué de rien. Je vais passer vite sur ma déchéance, car je crois que la maladie fait le même ravage sur nous tous, à des degrés différents. Je vais donc insister davantage sur ma rechute et mon rétablissement.

J’ai bu à en perdre la maîtrise de ma vie, à perdre mon permis et à m’attirer des problèmes de justice dus à ma forte agressivité, empirée par l’alcool. J’en suis devenu contrôlant, irresponsable, ne réussissant pas mes relations amoureuses, déménageant souvent. Bref, je me cherchais, j’avais la maladie de l’âme, au point où, un jour, j’ai pensé au suicide. Avant de passer à l’acte, j’ai appelé une maison de thérapie, car je ne pouvais plus contrôler ma consommation et je ne pouvais plus vivre avec. J’avais connu le mouvement des Alcooliques anonymes par un téléroman, à la télévision. Je voyais le changement qui s’était produit chez le personnage et c’est ça que je voulais. J’ai donc fait une thérapie intensive de 31 jours et à ma sortie, j’ai été quatre ans sans consommer.

J’allais régulièrement à des réunions. Par contre, je n’y allais pas pour les bonnes raisons. J’y allais pour faire de la réunion de chaise. J’avais un parrain, mais je ne l’appelais pas. J’avais connu les 12 Étapes, mais je ne les appliquais pas dans tous les domaines de ma vie. Par-dessus tout, je n’avais pas de Puissance Supérieure. Je peux vous dire que le simple fait de ne pas boire n’a rien changé à mon caractère et à ma personnalité. J’étais insupportable et très agressif surtout dans mon travail. Je me suis séparé d’une relation de cinq ans, car je n’étais pas bien, une fois de plus et oui, j'avais le syndrome de la poignée de porte. J’ai rencontré une autre conjointe et je faisais moins de réunions, voire, plus du tout. Ce n’était qu’une question de temps et ce qui devait arriver, arriva, la rechute, la descente directe aux enfers. Pour ma part, et tout ça, suite à un voyage tout inclus dans le Sud, où j’ai pris ce fameux premier verre. Ce verre qui m’a poussé à faire une fuite géographique ; loin de ma famille jusqu’à en renier mes enfants, j’étais coupé de la réalité. Puis, la séparation encore, mais cette fois, j’avais atteint mon bas-fond dans tous les domaines de ma vie. J’étais battu par l’alcool, je me suis rendu à une salle de réunion dès mon retour, dans ma ville natale et où j’avais connu le Mouvement pendant quatre ans.

J’ai repris mon enveloppe du nouveau et j’ai commencé à vivre la belle et vraie aventure d’Alcooliques anonymes. Je me suis trouvé une conscience de groupe où je me sentais bien, et un parrain que j’appelle régulièrement et qui m’a fait faire les Étapes à partir du Gros Livre. Je m’implique dans les services et j’essaie de mettre les Étapes dans ma vie, tous les jours. Je peux confirmer aujourd’hui que les belles Promesses AA ont changé ma vie du tout au tout. J’ai renoué avec ma famille et mes enfants ; j’ai un très bon travail, où l'on ne me reconnaît plus et j’ai une nouvelle conjointe qui a le même mode de vie que moi. J’ai une Puissance Supérieure en qui j’ai totalement confiance, qui me guide dans mes choix et à laquelle je peux confier mes problèmes ou mes peurs qui prennent trop de place dans mes pensées puis, elle s’en occupe. Mon but dans le Mouvement, c'est d’être là pour accueillir un nouveau, lui transmettre le message et l’espoir d’une meilleure vie sans alcool. Tout ça se fait en douceur à l’aide du Mouvement et du programme des 12 Étapes, qui est pourtant si simple quand on le met en pratique. Si un nouveau lit mon partage et qu’il se questionne sur le vivre sans consommer, je peux juste lui dire : « Vas-y, fonce sans hésiter, tu n’as rien à perdre à l’essayer, car ça marche pour moi et des millions de personnes, partout dans le monde. Ça peut donc marcher pour toi aussi et tu n’as aucune idée du bonheur qui t’attend dans le futur. »

Je suis rempli de gratitude pour le Mouvement, pour Bill et Bob, pour le Gros Livre, pour vous chaque membre des Alcooliques Anonymes et surtout pour ma Puissance Supérieure. Je sais qu’on ne guérit pas de cette maladie, mais d'apprendre à vivre avec et de la comprendre, fait toute la différence. Et ceci, un jour à la fois.

Aujourd’hui, je peux dire que je suis heureux et que j’aime la vie !

Merci !

Patrick B., Drummondville